Pèlerinage à Foy-Notre-Dame | Dimanche 7 octobre 2018



Pour cette vingt-cinquième édition du pèlerinage à Foy-Notre-Dame, nous avons eu l’honneur de la visite de l’Abbé Komorowski, fraîchement élu supérieur général de la Fraternité Saint-Pierre, et qui avait fait ses premières armes en 2010-2011 dans les apostolats de Namur et Herstal.
Dans son mot d’introduction, il a souligné que les fondateurs du pèlerinage n’avaient sans doute pas l’idée que leur initiative durerait aussi longtemps et qu’elle susciterait autant d’enthousiasme chez des pèlerins toujours plus nombreux et venant d’horizons divers.
Un pèlerinage, c’est une belle image du pèlerinage de notre vie: si court ou si long soit-il, on est parfois fatigué, découragé, on a même parfois quelques doutes, mais il y a du sens à marcher vers la patrie céleste, à se retrouver en compagnie de Notre-Seigneur, de sa Mère et de tous les saints. Et ils nous accompagnent aussi, spécialement dans les moments difficiles de notre vie. L’Église nous accompagne aussi, avec les sacrements, surtout avec la Confession et l’Eucharistie. On n’est pas seul, on est bien réconforté par la présence de la cour céleste autour de nous. Nous allons commencer cette marche avec quelques intentions particulières, avec les intentions de nos familles, de nos proches, de nos pays. Chacun de nous doit prier pour son propre pays, pour l’Église qui traverse actuellement des difficultés graves, mais il ne faut pas oublier que le Seigneur en est la tête et qu’Il ne nous délaisse jamais, et que cette présence du Seigneur doit nous garder dans l’optimisme.
N’oublions pas Notre-Dame de Foy, et sa petite statue que nous vénérons, et qui va nous guider et nous aider. De notre côté, nous devons nous laisser guider et inspirer par Elle. Nous devons donc enlever tous les obstacles qui pourraient se mettre sur la route pour recevoir toutes ces grâces que Dieu va nous donner par la main de la Très Sainte Vierge.
Allons, encouragés par cette perspective que ce pèlerinage s’accomplit depuis vingt-cinq ans déjà, prions pour tous ceux qui y ont participé dans le passé et qui ne sont plus ici-bas, mais nous accompagnent de là-haut. Prions aussi pour ceux qui, pour raisons de santé, ne peuvent participer. Nous sommes donc en esprit beaucoup plus nombreux que ceux qui sont ici présents.
Marchons avec beaucoup de courage, beaucoup de joie aussi, et avec cette conviction qu’arrivés à Foy, nous allons célébrer la messe, comme nous nous espérons arriver, au terme de notre vie, dans la Patrie céleste où nous allons jouir de la gloire de Notre-Seigneur en compagnie de sa Très-Sainte Mère.
Après deux bonnes heures de marche, les pèlerins arrivent à la halte de midi, où les attendent une bonne soupe et un petit verre de vin. Une fois les forces reprises, le groupe s’élance à nouveau pour la seconde étape qui les mènera, peu avant 16h, à Foy-Notre-Dame.
En cette 25è année, un fruit surnaturel décisif a mûri au cours des réunions de préparation de ce Jubilé du « Pèlerinage Familial de Tradition » à Foy : la Consécration de l’oeuvre au Coeur Douloureux et Immaculé de Marie. Ainsi, ce 7 octobre, Fête de Notre Dame du Rosaire (qui est le nom que la Sainte Vierge S’est donné à Fatima), juste avant le début de la Messe, tous les organisateurs du Pèlerinage, clercs et laïcs, se sont avancés à l’entrée du choeur et ont proclamé solennellement cette Consécration.
Le Pèlerinage est maintenant tout entier dans le Coeur de l’Immaculée; protégé indéfectiblement, guidé infailliblement dans son apostolat.

Dans son homélie, l’abbé Komorowski souligne que nous sommes arrivés à la fin de notre pèlerinage, peut-être un peu fatigués, mais certainement contents d’avoir fait le parcours depuis Leffe. Certains le font depuis vingt-cinq ans. Il remercie chaleureusement Monsieur Breydel et les autres organisateurs qui se dévouent depuis tant d’années, grâce à Dieu et aussi à la persévérance des pèlerins.
“Si nous regardons en arrière, deux concepts me viennent à l’esprit: l’action de grâce et le pardon. Il nous faut remercier Dieu pour les grâces données par les mains de la Très-Sainte Vierge Marie depuis le début. Toutes les grâces dans notre vie personnelle, les grâces dans la vie de nos familles, la confession comme réconfort dans les difficultés ou l’approfondissement de la foi. En même temps, nous sommes bien conscients de n’avoir pas toujours bien répondu à tous ces dons. Il nous faut aussi demander pardon pour être parfois renfermés sur nous-mêmes, parfois pour manque de patience et de charité, parfois pour être aveugle à l’amour de Dieu qui s’est manifesté dans nos vies de tous les jours. Notre fatigue ou quelques mortifications corporelles que nous avons subies aujourd’hui peuvent être offertes en réparation pour toutes ces fautes.
Comme vous le savez, l’Église consacre le premier dimanche d’octobre à la fête du Rosaire. Il est donc providentiel que notre pèlerinage tombe en cette fête. Quant à Marie, elle retenait méditait tous ces événements dans son coeur. Nous n’allons pas trouver cette phrase si connue dans le texte de la Messe de cette fête, mais elle rend bien le sens du Rosaire. Elle permet de comprendre l’importance de cette prière comme moyen efficace d’aller vers la vie éternelle. Voici le secret du chapelet. La contemplation de Marie consiste à se rappeler les étapes de la rédemption du monde par le Christ. Depuis l’Annonciation jusqu’à la Résurrection, nous nous souvenons de tous les moments du mystère du Salut. Ces événements ne sont pas seulement une réalité historique, ils sont aussi l’aujourd’hui du salut. Cette actualisation se réalise également dans la liturgie. Ce que Dieu a accompli il y a longtemps ne concerne pas seulement les témoins directs des événements, mais rejoint par les dons de la grâce l’homme d’aujourd’hui.
N’oublions pas que chaque fête liturgique, chaque solennité, contient en elle-même une grâce propre, une vertu spéciale. Cela vaut aussi lorsque nous méditons ces événements. Son souvenir nous permet de recevoir la grâce que le Fils nous a obtenue par ce mystère de vie, de mort et de résurrection. Avec Marie, en récitant le Rosaire, on tourne son coeur toujours vers le mystère du Christ. On place Jésus au coeur de nos vies.
Si le chapelet nous fait comme Marie rencontrer les mystères du Christ, il nous les fait rencontrer aussi avec elle. La contemplation du Christ trouve en Marie son modèle indépassable. À Bethléem, ses yeux se tournent tendrement vers le visage de son Fils. À partir de ce moment-là, son regard ne se détachera plus de Lui. Ce regard sera douloureux au pied de la Croix. Mais le dimanche de Pâques, ce sera le regard de Dieu en raison de la joie de la Résurrection. Par la prière du Rosaire, Marie nous communique un peu de cette connaissance parfaite et si profonde de son Fils. C’est elle qui nous introduit dans l’intimité du Sauveur. Prier le chapelet, dire le rosaire, c’est aussi à l’exemple et en compagnie de Marie, contempler les mystères de la foi. Le Seigneur nous invite à nous tourner vers Dieu avec confiance et persévérance pour être exaucés. Mais nous-mêmes, nous ne savons pas prier comme il faut. Parfois, nous ne sommes pas exaucés parce que nous prions mal. Alors, il nous faut apprendre à prier auprès de la Sainte Vierge. Nous demandons son intercession, pas seulement pour obtenir telle ou telle grâce, mais aussi pour que notre prière devienne plus agréable à Dieu. Nous pouvons être sûrs d’être exaucés, car toute prière par Marie s’appuie sur la certitude confiante que son intercession maternelle est toute puissante sur le coeur de son Fils. Nous sommes invités à une plus grande constance et une plus grande confiance dans la prière: après les sacrements, la prière est bien le moyen que Dieu utilise habituellement pour transformer notre être, pour sanctifier notre âme, et nous rendre semblables à son Fils.”
Cette journée qui avait commencé sous une fine pluie a laissé apparaître le soleil. Nous nous retrouverons l’an prochain!

Nouveau Supérieur Général pour la Fraternité Saint Pierre

Communiqué de la Fraternité Saint Pierre

« Lundi 9 juillet 2018, Séminaire Notre-Dame de Guadalupe, Denton, USA
Le Chapitre Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), réuni du 3 au 18 juillet 2018 au Séminaire International Notre-Dame de Guadalupe, Denton, USA, a élu aujourd’hui en session plénière l’abbé Andrzej Komorowski comme Supérieur Général pour six ans. La Commission Pontificale « Ecclesia Dei » a été aussitôt informée et a transmis un message de félicitations.

Prêtre polonais né en 1975, l’abbé Andrzej Komorowski est entré au Séminaire International Saint-Pierre de Wigratzbad après des études d’Économie à l’Université de Poznań (Pologne). Ordonné prêtre en juin 2006 par le Cardinal Jorge Medina Estévez, il a exercé son ministère dans divers apostolats de la Fraternité en Pologne, en Belgique et aux Pays-Bas. Élu Assistant du Supérieur Général au Chapitre Général de 2012, il a exercé cette fonction à la Maison Générale de Fribourg (Suisse) tout en remplissant la charge d’Économe Général et en assurant un ministère régulier auprès des fidèles de Suisse Romande.
En succédant à l’abbé John Berg, l’abbé Komorowski devient le quatrième Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre. »

Pour nous, les fidèles belges, c’est une réjouissance particulière puisque l’Abbé Komorowski a passé quelques années parmi nous, à Namur et à Liège.

Vous trouverez ci-dessous quelques photos de l’Abbé Komorowski, prises à l’occasion de son apostolat en Belgique.

Bruxelles | Confirmations par Mgr Kockerols | Dimanche 10 juin 2018

En ce dimanche 10 juin, Solennité du Sacré-Coeur de Jésus, cinq de nos paroissiens ont reçu le sacrement de Confirmation des mains de Mgr Kockerols, évêque auxiliaire de Bruxelles.

La cérémonie elle-même a eu lieu avant la messe de 9h30. Avant de conférer le sacrement, Mgr Kockerols a rappelé que, par le baptême, ils ont été plongés dans le mystère pascal du Christ. Morts avec Lui, ils sont ressuscités avec Lui; ils sont des vivants pour Dieu, en Jésus-Christ. Et pour que notre vie ici sur terre puisse se déployer, nous avons besoin de l’Esprit saint. Le même Esprit qui habitait le Seigneur Jésus nous est donné à nous qui Le demandons pour être configurés au Christ et vivre de Sa vie et manifester la vie même de Dieu, humblement, modestement dans notre quotidien.

Monseigneur a remercié les confirmands, qui lui ont tous envoyé une lettre de motivation dans laquelle ils lui donnent matière à faire ce sermon.

C’est difficile de définir l’Esprit saint, et ce n’est pas par hasard s’il est souvent représenté par des images comme le souffle, le feu, l’onction, l’eau ou la colombe. A notre époque, on pourrait peut-être le définir comme notre GPS spirituel: c’est nous, qui décidons de la destination finale, mais c’est Lui qui nous guide. C’est un GPS patient, qui ne s’énerve pas quand on se trompe et qu’on doit faire demi-tour, il ne se fâche jamais et continue à calculer les meilleures routes pour me permettre d’avancer vers le Seigneur et d’arriver à bon port.

Et comment l’Esprit saint nous guide-t-il?

L’Eglise nous répond qu’Il nous conduit de multiples façons, car on n’enferme pas l’Esprit, Qui souffle où Il veut. Mais il y a quelques voies (qu’on pourrait aussi orthographier “voix”) qui sont indiscutables, il nous en rappelle cinq par lesquelles l’Esprit saint nous conduit.

La première voie, c’est quand nous prenons le temps de l’écoute de la Parole de Dieu, quand nous scrutons les saintes Écritures en comprenant que ce n’est pas d’abord un texte ancien, mais de la véritable Parole de Dieu, qui s’adresse à nous aujourd’hui. Quand nous goûtons cette Parole, l’Esprit saint est à l’oeuvre et nous suggère le chemin à prendre pour aujourd’hui.

La deuxième voie, c’est comme Bruno (un des confirmands) l’a écrit, c’est que nous ne sommes pas chrétiens seuls, mais que nous sommes portés par un peuple, le peuple de Dieu, qui s’appelle l’Église. Un chrétien seul est un chrétien en danger de mort. Heureux sommes-nous de faire partie de l’Église, qui nous porte aussi en cas d’épreuve de découragement, de doutes. Heureux sommes-nous d’être dans la barque de Pierre !

La troisième voie, c’est lorsque, tôt le matin, tard le soir ou en milieu de journée, nous prenons le temps de la prière, pas nécessairement longue, mais qui surgit de notre Coeur. C’est là aussi l’Esprit saint qui agit, et qui nous fait crier “Abba, Père”. C’est l’Esprit Qui nous inspire notre prière, ne L’étouffons pas, laissons-le nous inspirer pour rendre grâce au Seigneur pour tant de bienfaits. Pardon pour les infidélités. S’il te plaît, Seigneur, accompagne-moi dans mon combat, dans mon désir de faire le bien et veille pour ceux qui sont dans la peine et la souffrance. Dans ces mots tout simples adressés au Seigneur, l’Esprit saint est à l’oeuvre, Il nous guide.

La quatrième voie, c’est lorsque nous nous rassemblons comme aujourd’hui pour célébrer les sacrements de l’Église. Il est présent, et nous l’invoquons “Veni Creator Spiritus”, “Viens Esprit saint”, et nous savons que le Père nous exauce et que l’Esprit est présent au coeur même de nos liturgies pour agir, en toute humilité, car l’Esprit saint est l’humilité de Dieu. Les sacrements, voie indiscutable de la présence de l’Esprit et de son agir.

Enfin, il y a une cinquième voie qui, sans aucun doute, manifeste la présence et l’agir de l’Esprit saint: c’est lorsque, sortis de nos églises, nous nous mettons au service de nos frères et soeurs en humanité, quels qu’ils soient. Lorsque l’amour s’incarne dans des gestes de partage, d’attention aux plus faibles, aux prisonniers, aux malades, aux réfugiés, à ceux qui, dans nos familles vivent l’épreuve, l’Esprit saint est présent et agit, et nous conduit.

Les cinq voies indiquées nous conduiront auprès de Celui Qui nous aime infiniment et Qui nous appelle à sa suite à aimer et servir.

Amen.

La messe qui a suivi fut célébrée par l’Abbé Paul-Joseph, supérieur du district de France de la Fraternité Saint Pierre, dont notre région fait partie. Enfin, les paroissiens se sont rassemblés sur le parvis de l’église des Minimes pour un verre de l’amitié. Avec le soleil qui était de la partie, on ne s’étonnera pas d’avoir vu les sourires sur toutes les lèvres. Deo gratias!

 

Bruxelles | Conférence de l’Abbé Hygonnet sur Luther | Mardi 12 décembre 2017

Bruxelles | Visite de l’Abbé John Berg, Supérieur général de la fssp | Dimanche 19 Novembre 2017

Ce dimanche 19 novembre 2017, notre communauté à Bruxelles a reçu la visite pastorale de l’Abbé John Berg, Supérieur général de la fssp. L’Abbé John Berg a célébré la Messe de 9h30, puis après un repas à la Maison Saint Paul, il a donné une courte conférence au sujet de la Fraternité Saint Pierre.

Ci-dessous le fichier audio de son homélie, de sa conférence, et les photos de la journée.

Homélie:

Conférence:

Pèlerinage de Foy | Dimanche 1er Octobre 2017

Un temps incertain, mais pas une goutte de pluie durant toute cette journée: les prières des pèlerins auront porté leur fruit pour cette vingt-quatrième édition du pèlerinage de Foy-Notre-Dame.
Une journée qui commence par la découverte d’un nouveau visage: celui de Monsieur l’Abbé Jakub Kaminski, jeune prêtre polonais récemment nommé à Herstal en remplacement de l’abbé Marchand, reparti sur ses terres natales du Canada.
Dans sa brève allocution de bienvenue, l’abbé souligne qu’un pèlerinage est toujours un sacrifice. Sacrifice que l’on apporte de sa maison, en rapport avec les diverses intentions, et puis l’effort physique d’une longue marche. Un pèlerinage implique de faire pénitence, une chose dont on n’a pas jamais envie! Pourtant, il y a beaucoup de joie, conformément aux paroles du Christ: « Quand tu jeûnes, quand tu fais une pénitence, oins ta tête et lave ton visage. C’est le Bon Dieu uniquement, pas ton prochain, qui verra ta pénitence. »
Faire un pèlerinage, c’est aussi la joie de se retrouver entre amis et connaissances. Par exemple, les prêtres de nos trois apostolats (Bruxelles, Namur et Herstal) se retrouvent ici, dans la joie de l’unité. Enfin, un pèlerinage, c’est aussi la joie de marcher vers notre Mère, Marie, parce qu’Elle est Celle qui nous conduit vers le Christ. Et selon la parole de Saint Jean-Paul II, c’est aussi le Christ qui nous conduit vers sa Mère, qui nous montre sa Mère et qui nous dit, comme à Saint Jean au pied de la Croix: « Voici ta Mère! ».
Après le chant du Veni Creator, le cortège démarre sa marche vers Foy, non sans un arrêt pour la consécration à Marie des familles « domus christiani ». Au gré du chemin sinueux s’égrènent non seulement les Pater et Ave du rosaire, mais également les enseignements en rapport avec le centenaire des apparitions de Fatima, dont nous fêtons cette année le centenaire, et qui ont inspiré le thème de cette journée: « Mon Coeur Immaculé triomphera! »
Durant la halte de midi, ce sont les traditionnelles nourritures terrestres qui viennent nous revigorer le corps. C’est aussi l’occasion de souhaiter un heureux anniversaire pour ses vingt ans à Valentine, une de nos jeunes pèlerines!
Une fois le repas terminé, il y a encore un peu de chemin avant l’arrivée à Foy-Notre-Dame: à la vue de la basilique toute proche, les pèlerins s’agenouillent sur le chemin pour prier. Ensuite, le cortège rentre en procession.
La Messe est célébrée par le Père Jos Vanderbruggen, o. praem, recteur du sanctuaire de Tancrémont.
Dans son homélie, il rappelle d’abord que toute église, chapelle, basilique, est le lieu de la présence de Dieu. Un lieu où il demeure de façon stable, où l’on peut le rencontrer de coeur à coeur. Cela explique pourquoi, au cours des siècles, la présence eucharistique est devenue si centrale dans nos églises. Mais pour que nous puissions goûter à cette Présence, une église, une chapelle doivent être aussi un lieu de silence et d’écoute, un lieu comme la Très Sainte Vierge Marie, où chaque chrétien pourrait laisser résonner la parole de Dieu, pourrait ménager dans son coeur la disponibilité nécessaire à la rencontre avec le Seigneur. Là où il n’y a pas le silence ni le dialogue, la prière ne pourra pas être.
Et ce qui nous permet de rentrer en relation avec Dieu, c’est l’adoration, c’est là que nous pouvons nous confier totalement à Lui et remettre notre vie entre ses mains. C’est le rapport d’un enfant à son père plein d’amour. C’est ainsi que chaque lieu de prière devient un lieu d’adoration et de louange. Et nous avons tant besoin de pouvoir nous laisser saisir par la beauté de Dieu, nous émerveiller de tout ce qu’il fait pour nous. Je trouve que la plus belle prière récitée par le prêtre pendant la Messe, c’est lorsqu’il a communié au Corps du Christ, et qu’il prend le calice pour communier au Saint Sang, il dit: « Quid retribuam Domino pro omnibus quae retribuit mihi? Calicem salutaris accipiam et nomen Domini invocabo », qu’on peut traduire « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait? Je prendrai la coupe du Salut et j’invoquerai le nom du Seigneur ». C’est une question que nous pouvons tous nous poser: que puis-je rendre au Seigneur pour le bien qu’Il me fait? Et quand on prend la coupe du salut, c’est toujours en lien avec la souffrance. Souffrez pour tout ce que le Seigneur vous donne, en reconnaissance de sa bonté. Mais l’importance primordiale, le sens le plus profond de la chapelle d’une église ne sont-ils pas que c’est de là que jaillit une source de grâces, l’Eucharistie? C’est en elle que toutes les autres dimensions trouvent leur source et leur signification la plus profonde. L’Eucharistie, c’est la présence de Jésus vivant, le sacrifice de louange, le don que Dieu veut de lui-même, que l’on ne peut adorer qu’en silence et à genoux. Cette année de centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima ne conduit-elle pas à découvrir que chaque église est comme le symbole du coeur immaculé de Marie? Où Jésus est-il plus présent, plus écouté, plus adoré et loué que dans le Coeur Immaculé de la Très Sainte Vierge? Tout dans ce coeur de Marie est à Lui et conduit à Lui. Ici, devant le Saint-Sacrement, Marie nous serre contre son coeur. Elle nous console et nous repose, comme une mère pour son enfant, avant de nous conduire sur le chemin vers Jésus. Marie est la Vierge qui écoute, qui espère et qui aime, parce qu’elle est l’Immaculée. Il n’y a dans son coeur aucun repli sur soi, aucune ombre, aucune étroitesse. Elle a un coeur vraiment catholique, c’est-à-dire universel. Un coeur qui ne veut en rien diminuer la parole de Dieu, mais au contraire, se laisser façonner par elle, un coeur qui puisse accueillir le Christ, un coeur dans lequel chacun de nous a une place privilégiée. Mais ce Coeur Immaculé de Marie a été pourtant si souvent blessé. Blessé parce que le coeur de son Fils a été blessé lui aussi. A Fatima, elle demande aux enfants réparation pour ce coeur blessé, et elle utilise ce terme à plusieurs reprises: le 13 mai 1917, elle demande aux enfants s’ils veulent bien s’offrir à Dieu, s’ils sont prêts à souffrir. Pouvez-vous, dit-elle, souffrir pour la conversion des pécheurs? Pour faire le bien au mal qui est si souvent fait aux coeurs de Jésus et de Marie? Et les enfants répondent qu’ils sont prêts. Elle leur fait savoir que la grâce de Dieu sera avec eux; en les quittant, elle leur intime de réciter chaque jour le chapelet pour le rétablissement de la paix dans le monde et la conversion des pécheurs.
C’est au cours de l’apparition du 13 juillet que Notre-Dame parla pour la première fois des premiers samedis du mois, en révélant aux petits voyants: « Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Coeur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Elle apprend aux enfants cette prière: « Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent, spécialement chaque fois que vous ferez un sacrifice: O Jésus, c’est pour votre amour, pour la conversion des pécheurs et en réparation des blasphèmes contre le Coeur Immaculé de Marie. » Notons que la Vierge parle des premiers samedis du mois de façon générale, sans en préciser le nombre. Ce n’est que le 10 décembre 1925, à Pontevedra, qu’elle le fera. Et voici les paroles de Notre-Dame que Soeur Lucie entendit ce jour-là: « Vois ma fille, mon coeur entouré des épines que les hommes m’enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes, leur ingratitude. Toi, du moins, tâche de me consoler et dit qu’à tous ceux qui pendant cinq mois le premier samedi se confesseront, recevront la Sainte Communion, réciteront le chapelet et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant sur les quinze mystères du rosaire en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme. Et pourquoi Notre-Dame demande-t-elle 5 samedis, et non pas 9 (pour faire une neuvaine)? La Sainte Vierge révèle à Soeur Lucie le motif du nombre cinq: il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Coeur Immaculé de Marie: les blasphèmes contre l’Immaculée Conception, les blasphèmes contre sa virginité, les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant dans le même temps de la reconnaître comme Mère des hommes; les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le coeur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard cette Mère Immaculée; enfin, les offenses de ceux qui l’outragent directement, dans ses saintes images. Et le 15 février 1926, l’Enfant-Jésus dit à Soeur Lucie: les âmes qui feront pieusement les cinq premiers samedis du mois, avec un esprit de réparation pour le Coeur de mon honorable Mère, en font davantage que ceux qui en font quinze dans l’indifférence.
Et le 13 juin 1929, Marie reviendra sur le sujet: « Elles sont tellement nombreuses, dit-elle, les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. »
Lorsque l’un de nos proches, ceux que nous aimons, perd un être cher ou vit un événement douloureux, nous essayons de le consoler en rivalisant de prévenances, d’attentions, et même en lui offrant des petits présents. La personne en est souvent très touchée. Selon le cas, cela ne peut pas compenser entièrement le préjudice subi, mais marquera notre affection par un acte concret. Ainsi, la réparation demandée par Jésus envers le Coeur Immaculé de Marie, n’est pas seulement un acte de justice qui répare les blasphèmes, mais aussi un moyen pour prouver de façon concrète l’amour que nous portons à Marie. Le 1er novembre 1927, Lucie écrivait à sa marraine, Dona Maria de Miranda: « Je ne sais pas si vous connaissez déjà la dévotion de réparation des cinq premiers samedis au Coeur Immaculé de Marie. C’est demandé par notre chère Mère du Ciel, et Jésus a manifesté son désir qu’elle soit pratiquée. Il me semble, ma chère marraine, que nous sommes heureux d’être en capacité de donner à notre chère mère du ciel cette preuve d’amour, parce que nous savons qu’elle la désire. Quant à moi, j’avoue que je ne suis jamais si heureuse qu’à l’arrivée du premier samedi du mois. N’est-il pas vrai que notre bonheur le plus grand, c’est d’appartenir entièrement à Jésus et à Marie, et de les aimer uniquement sans réserve. Nous voyons cela si clairement dans les vies des saints: ils étaient heureux parce qu’ils aimaient, et nous, ma chère marraine, nous devons chercher à aimer comme eux, pas simplement de sentir la joie en pensant à Jésus, mais de donner à Jésus et à Marie la consolation d’être aimé. Cet échange d’amour, il pourrait sauver beaucoup d’âmes.
Ce n’est pas par hasard que la Très Sainte Vierge est apparue à Fatima en 1917: vous connaissez sans doute les trois années 17 importantes de l’histoire: en 1517, le 31 octobre, Martin Luther cloua ses célèbres nonante-cinq thèses sur la porte de l’Eglise de Wittemberg en Allemagne. En ce faisant, il s’écarte de l’enseignement de l’Eglise catholique; en 1717 apparaît à Londres la franc-maçonnerie, une doctrine qui prône le rejet de tout dogme et de toute vérité transcendante et immuable, surtout l’incarnation. Et en février 1917, le renversement « spontané » du régime tsariste de Russie puis, en octobre, la prise de pouvoir par les bolchéviques, a conduit par l’installation d’un régime communiste, au reniement total de l’existence de Dieu. Et puis il y a 2017. C’est l’année la plus importante de toutes: elle sera peut-être l’année de notre conversion personnelle. Car c’est cela que la Vierge est venue demander, pas seulement aux pastoureaux de Fatima, mais à tous: « Convertissez-vous ». Puissions-nous entrer toujours plus profondément dans le Coeur et la Foi de la Très Sainte Vierge Marie, dans le Coeur et la Foi de Notre-Mère, la Sainte Eglise. Convertissons-nous aux Coeurs Immaculés de Jésus et de Marie!
A l’issue de la Messe, l’église, bondée, se vide lentement de ses fidèles. Il ne faut pas être devin pour se rendre compte qu’après cette vingt-quatrième édition suivra le quart de siècle, l’an prochain. On peut déjà être certain que cette prochaine édition jubilaire nous réservera encore plus de bonnes choses et encore plus de surprises que ce crû 2017.
On vous dit donc déjà: « A l’an prochain! »